vendredi 30 mai 2008

Le corps, le cul et le cash...



On vit une époque étrange.

Aujourd'hui en France, on vient d'annuler un mariage sous prétexte que l'épouse n'était plus vierge. Donc d'après ce tribunal la virginité, est en 2008 un préalable au mariage. L'esprit de 68 a bel et bien été enterré.

Parallèlement des tas de mômes s'éduquent à coups de films hardcore, à 12/13 ans ils ont comme principale vision de la sexualité des scènes de films X où tout est démesuré. Ils entrent en sexualité avec des modèles préfabriqués (sur ce sujet voir l'excellent Impalled de Larry Clark) qui leur laissent peu de place pour se faire leur propre idée du désir.

La crise de réalité touche pas mal de domaines, nos corps sont passés au crible et deviennent au fur et à mesure un signe extérieur de richesse ou de pauvreté. L'extrême minceur étant réservée aux plus aisés alors que les plus pauvres finiront par mourir d'avoir trop mal mangé.

mardi 27 mai 2008

Promenons-nous à Rungis



La série des Martine prend vie sous les traits de Sarkozy, un an déjà que nous suivons ses ballades quotidiennes censées nous prouver son dynamisme.
Aujourd'hui Madame et lui ont décidé d'aller faire un tour à Rungis, histoire de voir de plus près la France qui se lève tôt.
D'ailleurs, il nous a fait remarquer que le réveil à 4 du mat c'est dur mais bon avec Carla tout est possible (avis à la population faites vous prêter une Carla pour les réveils matinaux).Enfin bref, sa promenade du jour m'intéresse pas beaucoup, c'est plutôt là où il ne va pas qui est intéressant.

L'évitement du jour c'est les poissonniers, c'est vrai que la grève des pécheurs, les marges de la grande distribution, le prix du gasoil ça a de quoi foutre le bourdon de bon matin...

Mais bon président c'est pas de tout repos...

dimanche 25 mai 2008

Cocorico



Et la palme d'or 2008 est décernée à : entre les murs de Laurent Cantet. Christine Albanel se réjouit du bon état du cinéma français (c'est vrai que les cht'is et la môme font partie de la même famille que Laurent Cantet), Sean Penn trouve ce film "amazing" et Begaudeau doit se réjouir de pouvoir réimprimer son livre.

Comme tout le monde je n'ai pas encore vu ce film, mais quand même cette palme me parait très politiquement correct et pas beaucoup cinématographique. Je m'explique : un film sans acteurs, entre fiction et documentaire, le peu d'images diffusées ne laissant pas transparaître une mise en scène grandiose, je me demande si on récompense le cinéma en tant qu'art ou simplement un sujet courageux.

C'est courageux en 2008 de faire un film sur les tribulations d'un prof dans un collège de ZEP essayant d'inculquer aux jeunes une autre langue que la tchatche mais pour autant dans tous les films proposés n'y aurait-il pas eu un film plus novateur, un film de fond et de forme, un film visuel.

Évidemment je suis contente de voir qu'on récompense un film hors marché, c'est important de montrer que le cinéma n'est pas juste une industrie pour autant j'aimerai qu'on redonne au cinéma sa place d'art total.

samedi 24 mai 2008

Toi tu creuses...



J'ai remarqué que le monde se divise en deux parties : ceux qui ont fait une école de commerce et les autres. Evidemment comme bon nombre de personnes je fais partie de la seconde catégorie et là ca se complique. Mais je reviendrai plus tard sur ce fameux itinéraire précaire.

La dernière fois en consultant des sites d'offres d'emplois, je suis tombée sur une annonce significative de cette dualité : un grand magazine de jazz cherche un rédacteur pour son site web, profil recherché ecole de commerce, maitrise des outils pao, office et internet, bon rédactionnel, un interêt pour le jazz serait un plus. Comment un interêt pour le jazz serait juste un plus ! Donc on peut écrire sur un sujet qu'on ne connait pas, c'est ca le secrtet des écoles de commerce.

Etonnée par cette découverte j'apprends que les nouveaux éditeurs, producteurs, programmateurs sortent aussi des ces fameuses écoles.

On se retrouve dans une époque où tout devient un simple produit et cette élite se charge de nous marketer des produit "impactant". Les films, les livres, les disques ne sont plus qu'un nouvel outil d'enrichissement.

jeudi 22 mai 2008

Le vent de la société



La France est dans la rue aujourd'hui. En fait si on regarde de plus prés cela fait un an que la France est dans la rue : internes, malades, cheminots, étudiants, magistrats, sans papiers, lycéens, pécheurs, fonctionnaires...Tout le monde y est passé !

D'après notre très cher président c'est lié au fait que les français n'aiment pas les réformes. Ça parait quand même un peu simpliste.
Quoi, la population serait réactionnaire et refuse par dessus tout le changement?

Le problème n'est pas de réformer ; tout le monde est d'accord pour dire que l'université est en crise que l'école ne marche pas comme il faudrait...En fait, le problème c'est que les solutions envisagées par notre gouvernement frôlent l'absurde : 15% des enfants entrant en 6° ne maîtrisent pas la lecture et l'écriture ça c'est un problème, supprimer des postes de profs c'est la solution d'après le charmant Xavier Darcos. Étonnant, non ?

Le pouvoir d'achat, la flambée de l'immobilier... Est-ce qu'on augmente les salaires ? Non mais on va pouvoir cumuler sa retraite avec un emploi. Ça c'est du progrès.
C'est fou, moi qui pensait naïvement que la retraite était le moment où on pouvait profiter de la vie après des années de labeur.

Étant donné l'activisme de notre hyper-président, les rues ne risquent pas de se vider.

mardi 20 mai 2008

Un petit godet



Ce gouvernement m'etonnera toujours,tellement plein d'idées, d'interventionnisme et de bonnes intentions (n'oublions pas l'enfer en est parait-il pavé). Cette fois çi nos politiques ont décidé de s'interésser à notre santé : après la lutte contre le tabagisme maintenant c'est au tour de l'alcool.

Amis cafetiers, chef de troquets et barmans, non seulement si vous n'avez pas de terasse vous êtes foutus (nous fumeurs invetérés nous sommes aussi des grands consommateurs d'apéros prolongés)et maintenant en plus de devoir nous faire souffler en partant , vous n'aurez même plus droit de mettre la votre.

Et oui, il faut croire qu'en France il n'y a aucun problème plus important pour en arriver à une loi qui interdit l'Happy Hour et autres ristournes.

samedi 17 mai 2008

Tous à la Commune !



Je me suis toujours demandée pourquoi en France on n'arrivait pas à faire de bonnes séries.En films on se défend plutôt bien mais dès qu'il s'agit du petit écran on se retrouve avec des Navarro, Julie Lescaut et autres Plus belle la vie...

La première chose qui frappe dans une série made in France c'est le coté toc, artificiel : les acteurs sortent d'une troupe de théatre amateur, les décors sont en carton pâte et les scénarios carrément improbables.
Pourtant cette semaine j'ai pu voir une série à l'atmospère suffoquante, aux acteurs habités et au scénario qui nous tient en haleine : La Commune
On plonge avec délice (aggrémenté d'angoisse) dans le coté obscure de cette cité anonyme. Complot politique, traffic de drogue, violence, manipulation religieuse servent de quotidien aux habitants de la Commune.

Et nous spectateurs on n'entrevoit la vie derrière les volets de ces barres.

jeudi 15 mai 2008

Chine 1 / Birmanie 0


Je ne sais pas si vous avez remarqué mais un pays a etrangement disparu de la carte médiatique.

Un tremblement de terre en Chine et la Birmanie est ecrasée.
Mais c'est vrai que la Birmanie n'était pas vendeuse : pas de journalistes, pas d'images, pas de drame ; le cyclone on s'en fout. Et de voir aujourd'hui la frontière birmane désertée par les journalistes qui se sont empréssés de demander leur visa à la Chine.
Alors quoi ? état totalitaire contre état totalitaire, on va plutôt voir celui qui nous laisse entrer. Et puis en termes quantitatifs c'est vrai que la Chine explose tous le records. En sommes-nous arrivés à ce point de cynisme, une catastrophe vite commentée, vite digérée et on passe à la prochaine. Tout va à un rythme effréné et la culture du zapping s'applique aux drames humains. Je ne sais pas si c'est nous spectateurs qui entrainons ce phénomène ou si c'est les médias. L'important n'est pas là.

Gardons les yeux ouverts.

mercredi 14 mai 2008

Sous le soleil de Pialat


Ouverture du 61ème festival de Cannes, le festival de cinéma par essence : le glamour, les stars, les paillettes et bien sûr le cinéma.

On se souvient tous de Maurice Pialat (peu de glamour mais beaucoup de cinéma), recevant sa palme d'or pour "Sous le soleil de Satan", à moitié insulté, à moitié acclamé et répondant aux journalistes : si vous ne m'aimez pas, je ne vous aime pas non plus.
Je n'ai jamais compris pourquoi ce film avait attisé des réactions si violentes, mais j'ai su tout de suite que la phrase de Pialat reflétait le geste artistique. Cette polémique n'était finalement que le reflet d'un chef d'oeuvre, le sublime entraînant forcement des réactions paroxytiques.
Pialat faisait des films pour qu'ils soient vus, mais il n'en attendait pas de la reconnaissance ou des éloges,il faisait son cinéma en toute sincérité.

Aujourd'hui le cinéma se porte bien mais il lui manque cette touche d'authenticité, les films sont bons, les acteurs beaux, les scénarios émouvants. Et pourtant...

Finalement son plus gros problème est d'avoir trop besoin d'être aimé.

lundi 12 mai 2008

Jean Rustin



Je ne sais pas si vous avez déjà eu l'occasion de croiser la peinture de Rustin mais c'est une expérience, une extase au sens propre. Sa peinture nous donne à voir l'Humain, c'est surtout le regard en fait ; on ne regarde pas une peinture de Jean Rustin c'est elle qui nous observe, qui nous scrute et qui nous interroge.


Certains trouveront ces corps offerts, sans pudeur, délabrés à la frontière du supportable. Mais il ne s'agit pas ici d'une quelconque exhibition ou de la provocation d'un peintre en mal de reconnaissance, loin de là.


Rustin a été reconnu très tôt dans sa carrière, il faisait partie de l'Abstraction Lyrique, en pleine apogée lors de sa rétrospective au musée d'Art Moderne, il a été frappé par le manque de sens de sa peinture. Il a tiré un trait sur sa carrière pendant une dizaine d'années avant de revenir avec cette oeuvre.


En regardant ses toiles on se rend compte de l'extrême douceur de son regard sur le monde, les scènes sont crus parfois oppressantes mais son trait caresse ses sujets.




Faites un tour sur le site de sa fondation et laissez vous aller...






samedi 10 mai 2008

Vivement Dimanche

Besancenot chez Drucker et tout le système médiatique s'emballe : comment, un révolutionnaire sur le canapé à coté d'Olga ! Un facteur pendant 6 heures à la télé, un suicide pour l'audimat...
Pourtant Besancenot est populaire, c'est d'ailleurs une spécificité française trouver un facteur trotskyste sympathique et voter pour un président ultralibéral. La gauche traditionnelle trop occupée à se chercher un chef en oublie les idées et le désarroi d'une majorité de la population.
Comment dans un pays aussi riche que la France (n'en deplaise au gouvernement, la France est bien un pays riche), 67% des français ont peur de se retrouver à la rue, pas au chomage, pas malades, pas seuls mais à la rue. Des jeunes, des vieux, des couples, des familles vivent avec l'angoisse de se retrouver du jour au lendemain au plus bas de l'echelle avec les naufragés de la société.
Alors gardons les yeux grand ouverts et espérons ne pas trop nous reconnaître dans ces visages fantomatiques...

vendredi 9 mai 2008

Pascal Sevran est mort



Pascal Sevran est mort aujourd'hui, cette fois ci c'est la bonne. C'est assez étonnant de voir que l'on vit dans une société de mieux en mieux informée (enfin a priori) et de se rendre compte que des journalistes ne prennent même plus la peine de vérifier leurs infos.


On fête les 60 ans de la création de l'état d'Israél : on nous montre l'illusion socialisante du kibboutz, des français qui font leur Alya, des jeunes qui s'apprêtent à perdre trois ans de leur vie à l'armée...Personne ne semble s'intéresser au problème de la laïcité dans ce pays, ni au mur, ni à ce que l'on nomme poliment le conflit israélo-palestinien. C'est vraiment étrange ces sujets préformatés, comme si ce n'était plus digne d'intérêt de regarder le monde dans sa complexité.












mercredi 7 mai 2008

Premiers pas dans la blogosphére, pourquoi ?Peut être que le fond de l'air est lourd, qu'à l'intérieur on bouillonne, que le jeu n'est pas si simple à jouer...
Finalement je vais errer entre des disours politico-sociaux, esthétiques, polémiques ou tout simplement nombrilistes.
Si j'ai décidé de partager mes divagations c'est que j'ai l'impression qu'on est assez nombreux à avoir le même nombril...
Pour l'instant j'en reste là
La suite arrivera durant ce long week end qui à ce qui parait fait de nous tous des fainéants anti-productifs